Pour ceux d'entre nous qui ont dévoré les bibliothèques des bastilles gaullistes, voire pour l'érudit ou le bibliophile de droite, ce titre ne manque pas d'évoquer quelques souvenirs. La parenté est d'ailleurs évidente, entre les accents très céliniens de notre camarade Pierre Descaves et la truculence jubilatoire d'Alphonse Boudard et de sa « Métamorphose des Cloportes »... D'autant que l'ami Pierre emprunte aussi à l'immense Céline, à la fois l'ironie grinçante avec laquelle il malmène nos peu reluisants contemporains et la forme quelque peu autobiographique de son récit. Comme lui, il évoque un séjour aux armée en temps de guerre, pour reprendre sa liberté et passer au poujadisme, à son engagement, à nos côtés, pour l'Algérie française, et enfin au Front national.
Puis, l'auteur change de ton, instruisant pièce à pièce et chiffre après chiffre, le dossier d'accusation de ceux qui, par des lois encourageant l'avortement, culpabilisant la préférence nationale, ouvrant nos frontières à une immigration de peuplement, mettent en place les conditions d'un génocide programmé. Il dénonce les fausses valeurs fondées sur l'imposture, les chiffres trafiqués, et le mensonge érigé en système de gouvernement. Il cite les articles des lois scélérates, met en lumière l'influence rampante des lobbies de perversion. Il dépeint, d'une plume au vitriol, le tableau apocalyptique d'une grande nation volontairement conduite à sa perte.
Mais, au pessimisme de l'analyste, tempéré par l'ironie des dessins de Chard, succède l'optimisme de l'homme d'action et de combats, rejoint en cela par Bruno Gollnisch, qui, dans une remarquable préface, insiste sur la possibilité d'enrayer le processus de déclin dans lequel des criminels et des irresponsables ont engagé notre pays...
Pour Pierre Descaves, l'espoir est encore permis... Mais à condition que les derniers Français ayant échappé à la lobotomisation par le mensonge oublient leurs divisions et se rassemblent dans le combat pour la vérité, avec ce désintéressement, ce courage et cette persévérance dont la trajectoire de Pierre Descaves est un admirable exemple.