5 Juillet, nouvelle forfaiture au nom des enfants du général

Beaucoup d'entre vous m'ont demandé un compte rendu.
Préalablement, je remercie tous ceux qui depuis hier soir m'adressent des messages en m'assurant de leur compassion et de leur amitié pour "la tristesse" qui doit être la mienne suite à l'interdiction de déposer une gerbe à l'Arc de Triomphe. Il s'agissait d'honorer quelques centaines à 3000 (source État Major en 1962) compatriotes disparus dans les conditions atroces que l'on sait. Il s'est agi d'un véritable nettoyage ethnique destiné à conduire à la fuite ceux des Pieds noirs qui auraient voulu demeurer en Algérie. Fait aggravant, la France, encore sur place et non contrainte, entrait dans l'Histoire comme le pays ayant donné l'ordre à son Armée de ne pas sortir des casernes pour protéger ses ressortissants! Un général, le dénommé, KATZ salissait son uniforme en se retranchant derrière l'ordre donné par un autre général, Président.

Oui j'ai été abattu, mais pas longtemps. Car le mépris de ce Gouvernement pour notre Communauté (comme jamais depuis 1962) me renforce à chaque fois (Comment aller plus loin que "j'irais cracher sur vos tombes?").

Mais surtout parce que ma déception n'est rien au regard des familles des victimes, victimes elles mêmes d'une triple peine :

Pardon! à vous familles de n'avoir pas réussi ce simple hommage auxquels ont droit tous les Français victimes de drames collectifs.

Mais Messieurs SARKOZY et MEKACHERA sont impitoyables pour les Français d'Algérie et ont pour la première fois interdit un dépôt de gerbe, ce que même les Nazis n'avaient jamais imposé.

Il me faut revenir sur l'historique de cette opération.

Association représentative d'Oranais et d'Oraniens, nous avons obtenu du Comité de la Flamme (courrier du 5 juin) de pouvoir déposer une gerbe le 5 juillet et de raviver la Flamme en souvenir de ces victimes à Oran.

Nous avons informé les associations de Français d'Algérie comme les associations patriotiques.

La plupart de celles qui disposent d'un site ont repris notre communiqué. Parmi elles, parmi trente peut-être, une association qui représente d'anciens résistants à l'abandon de l'Algérie française.

Le MRAP et son président, Mouloud AOUNIT, la Ligue des Droits de l'Homme (nous ne sommes pas des Hommes pour elle) et le journal l'Humanité, à travers une de ses journalistes, Madame MOUSSAOUI, membre du PC, ont monté un véritable campagne de désinformation, prétextant que l'OAS téléguidait notre opération!

Il était clair qu'il s'agissait en réalité de continuer à cacher le véritable génocide qu'ont subi les Français d'Algérie et pas seulement ce 5 juillet (pensons à nos disparus et victimes, y compris après le 19 mars, aux Harkis après l'Indépendance ). Génocide programmé dès 1954 par le FLN ami de Monsieur Mouloud AOUNIT et de Madame MOUSSAOUI.
Mardi 4 juillet, Monsieur Henri d'ABZAC, Chef de cabinet du Préfet de Paris, sous les ordres de Monsieur SARKOZY, m'informait vers 19 h que je recevrais le lendemain une notification d'interdiction pour la cérémonie de la Flamme. Il m'indiquait clairement qu'il risquait d'y avoir des troubles à l'Ordre public en provenance de ces organisations, dont nous avions pu juger des menaces dans l'Humanité et dans la lettre adressée par M AOUNIT au ministre. La notification me parviendrait le mercredi 5 juillet au matin, au siège de l'association ou à mes bureaux.

Mardi 4 juillet, vers 21 H, Monsieur le Général de Corps d'Armée Jean COMBETTE, Président du Comité de la Flamme, me contactait pour m'indiquer que Monsieur Gilles de La CAUSSADE, Chef de Cabinet de Monsieur MEKACHERA, l'avait informé que "notre" Ministre interdisait la cérémonie, mais cette fois comme à deux autres associations (d'Anciens combattants) qui devaient raviver la Flamme avec les Anciens du Lycée Lamoricière d'Oran. "Il s'agissait donc d'un simple report dû essentiellement au match de foot " (même s'il était sous-entendu que les "Services de Renseignements" avaient vent d'une possible et virulente contre manifestation. Il m'était confirmé qu'une notification me parviendrait le mercredi 5 juillet au matin.

Je prenais contact dès mardi soir, puis mercredi matin avec un avocat afin d'envisager un recours auprès du Tribunal administratif, dès que je serais en possession de la notification.

Je m'attendais à recevoir au petit matin ou à mes bureaux une estafette. N'ayant rien reçu, je ne décommandais pas la manifestation, ce qu'il m'aurait été, de toute façon, impossible de réaliser en une journée (contacts courriers). En l'attente, mon épouse ne quittait le siège de l'association que vers 14 h, et sans qu'aucun courrier ne nous soit parvenu.

Aussi, ayant un faible espoir (deux correspondants ayant vérifié l'interdiction par un appel à la Préfecture), je me présentais à 17h30 au PC (dit familièrement Bunker) du Général COMBETTE, après avoir non seulement passé un barrage apparemment léger de CRS (encore que tous les accès à la place étaient "pourvus" de cars et de CRS sur équipés), mais aussi constaté qu'un grand nombre de militaires, pris sur le contingent Vigipirate, étaient littéralement "cachés" dans le souterrain, empêchant tout coup de force si cela nous avait tenté.

Le général était en conversation avec le fils du Commissaire GAVOURY (responsable d'une lutte sans merci anti OAS, il fut exécuté par celle-ci). Ce dernier lui mettait sous le nez sa carte de "pupille de la nation" en disant à peu près: "Demandez au gens de l'association s'ils ont ce type de carte". Après m'être présenté, comme le président de l'association, j'expliquais à ce Monsieur que nous avions dans nos rangs de Français d'Algérie non seulement des quantités de porteurs de cartes d'enfants de "Morts pour la France", mais aussi de nombreuses décorations, y compris Légion d'Honneur, Croix de guerre, Valeur militaire, etc. Mais il préféra s'en aller. Dommage! Car même si j'étais dans le camp opposé et ai autant de griefs à son égard, je respecte ce Monsieur. Je peux comprendre, qu'en tant que fils, je pourrais réagir comme lui. Malgré les défauts qu'on lui prête, FRANCO a su ériger un Monument à toutes les victimes de la Guerre civile: dans la vallée de Los Caïdos. Mais il est vrai que la guerre que l'on nous a fait continue.

Le général m'accueillit courtoisement et me montra les documents en sa possession.

  1. Une lettre signée de Monsieur MEKACHERA, datée du 5 juillet indiquant que les Anciens du Lycée Lamoricière étaient "susceptibles de créer des troubles à l'ordre public" (mensonge et forfaiture) et demandant en conséquence au Préfet d'interdire notre dépôt de gerbe.

  2. Un arrêté N° 2006-206658, daté du même jour, signé du Préfet Pierre MUTZ, sous les ordres de M SARKOZY, interdisant la manifestation pour les mêmes raisons.

  3. Une lettre informant des possibilités de "voies de délais et recours" (ce qui est une information légale).

Je n'y avais pas pensé, mais il est évident que je n'avais pas directement reçu de notification de l'interdiction pour ne pas me permettre un éventuel recours (deuxième forfaiture). Le policier qui laissa un message l'après midi sur mon répondeur censé me notifier l'interdiction m'assure ne pas être en possession du document, ce qui nous interdit, pour l'instant, de porter plainte pour préjudice.

Il faut noter que :

Lisant à l'envers, je constatais la présence sur le bureau de ce dernier de quatre ou cinq lettres de particuliers adressées au Général à l'initiative du MRAP et de l'Humanité.

Après un entretien courtois d'une vingtaine de minutes avec le général, je rejoignais nos compatriotes empêchés de passer par les CRS, au moment même où les derniers touristes arrivés avant étaient chassés du terre plein central. Avant l'heure du ravivage, évènement jamais intervenu à ce jour!

J'informais mes compatriotes et amis métropolitains présents des faits décrits plus haut. L'émotion était grande. Je vis des femmes pleurer et l'indignation et le désespoir de tous. Certains tentant naïvement de convaincre les policiers en uniforme ou en civil (équipés de portables). On me proposa de forcer le barrage (impossible, d'autant que je ne le souhaitais pas par respect de ce Haut lieu de la Mémoire). D'autres me proposaient de disperser la gerbe en fleurs à lancer, d'autres encore de l'écraser sous les voitures des Champs-Elysées. D'autres enfin de traverser une partie de Paris pour rejoindre le monument des années passées (Lyautey). Je pris la décision de conserver la gerbe jusqu'à ce qu'elle se dessèche. Nous en ferons une photo pour l'Internet -avant et après- (hommage à nos morts et honte à cette mère Patrie si ingrate, l'image et son histoire perdurera ainsi des années sur la "Toile"). J'offrirais la gerbe desséchée à un organisme comme le CDHA, et en cas d'impossibilité ALLO la conservera pieusement. Nous entonnâmes ensuite le Chant des Africains, puis fîmes une Minute de silence en mémoire de nos Compatriotes disparus le 5 juillet, mais aussi pour l'ensemble de nos victimes civiles et militaires, pour tous nos martyrs.

Pendant ce temps, pour la première fois, le Président de la Flamme et deux ou trois vieux soldats, qui s'y dévouent chaque soir, la ravivaient sans public et sans déposer de gerbe! MEKACHERA, Ministre des Anciens Combattants, n'avait pas jugé bon de suppléer aux conséquences de sa forfaiture.

Nous stationnâmes près de deux heures, nos amis ne voulant plus se quitter. J'étais interviewé par téléphone sur la seule réelle radio amie des Pieds noirs (hors peut-être au Sud) Radio Courtoisie, par Serge de BEKETCH . Malgré mes différents courriers adressés depuis des jours aux Médias et à l'AFP, aucun ne s'était présenté, sauf semble-t-il un caméraman de FR3. Mais il ne m'a pas approché et ils ne se déplacent en général jamais seuls, le caméraman n'étant pas le journaliste. Je n'ai d'ailleurs constaté aucune émission à ce sujet. J'ai donc des doutes (RG?). Il est vrai qu'un journaliste ne pouvait enregistrer les troubles promis par Mrs SARKOZY et MEKACHERA et que le Match avait une toute autre importance que quelques milliers de victimes françaises ayant eu le tort de naître dans les départements français d'Algérie! Notons à ce sujet, qu'en dehors de Monsieur GAVOURY, nous n'avons vu aucun opposant.

J'invitais enfin, à regret, à la dissolution.

De nombreuses associations étaient représentées par au moins un de leur responsable national ou local. J'ai bien sûr peur d'oublier beaucoup de personnalités. Je leur demande de bien vouloir m'en excuser et ferai un additif si elles se font connaître à ma mémoire défaillante. Etaient présents, d'abord le Peuple Pieds noirs, puis pour le CLAN, M. le Ministre AUGARDE, son épouse et Mme CHAVRONDIER, le GNPI (Mrs LEVY, SENECLAUZE, ESCLAPEZ), l'AAA (Gérard GARCIA ), le CNFA (M. SPINA), l'ANFANOMA (Yves SAINSOT et Nicole FERRANDIS-DELVARRE), celle-ci représentant aussi l'A.F.V. 26 MARS 1962, FRANCE AFRIQUE (Monsieur Denys FADDA), et pour faire plaisir à nos amis du MRAP et de l'Huma, les Amis du général SALAN (Monsieur ZELLER) et, n'en déplaise aux mêmes, ROSSIGNOL de l'ADIMAD,

Quelques personnalités, dont Mr et Mme CLEMENT, Mme Isabelle CASANOVA, Messieurs DESCAVES et BAECKEROOT, élus du FN venus à titre privé, Mrs SABOUREAU, FALAVIGNA, LETTY, TANDLER, G. PEREZ , BELVISI, de CONDE et BENAÏCH,

Enfin, ALLO bien sûr, à travers son président d'Honneur Sydney ZEMOR, mais aussi Marie-Thérèse LARMANDE, notre trésorière (et son époux en grande tenue de Colonel de réserve), M et Mme Bernard ESCLAPEZ du CA, et plusieurs de nos adhérents, dont GOURION, NIEL, DUARD, etc.

Je représentais aussi ALLO, mais aussi DEPATRIES.

VERITAS s'était associée avec Anne CAZAL et Joseph HATTAB PACHA, comme le Souvenir du 26 mars et Notre Dame d'Afrique et plusieurs Cercles algérianistes. Enfin, nous étions en communion avec nos trois amies filles de disparus, organisatrices de la marche silencieuse à Marseille, Marie-Claude TEUMA, Elise AGUERA et Viviane EZAGOURI, avec lesquelles nous nous sommes promis, "l'année prochaine à ... Paris".

Pour mémoire, Messieurs SARKOZY et Hamlaoui MEKACHERA, censé être chargé des "Rapatriés", ont obéi à deux sinistres individus en interdisant d'honorer la Mémoire de Français parce qu'assassinés par le FLN :

Mais il est vrai que, bien avant l'invasion des Champs-Elysées par une foule footballistique, brandissant les drapeaux français et Algériens, pendant notre propre réunion, des voitures circulaient abhorrant le drapeau qui pour nous, victimes du "vent de l'Histoire", restera toujours celui des égorgeurs de nos mères, pères, frères et soeurs.

Mais à toutes ces forfaitures, Messieurs SARKOZY et MEKACHERA allaient en ajouter une énorme. Époustouflante et ignoble! Alors que nous ne pouvions honorer nos victimes, alors que nos compatriotes juifs présents parmi nous ne pouvaient honorer plus particulièrement les leurs, en bas des Champs-Elysées, au même moment quelques dizaines de pseudos palestiniens manifestaient aux cris de "Israël fasciste, assassin, abolition du système colonial et raciste d'israel, soutien aux résistants palestiniens qui luttent contre l' armée coloniale d' occupation, lutter contre les dirigeants sionistes" et parait-il insultant les Juifs.
Autorisés par le même SARKOZY, MEKACHERA ne trouvant, lui, rien à redire semble-t-il, puisque les Forces de Police mobilisées contre nous ou pour le match et Vigipirate n'intervenaient pas. Sans doute parce que moins susceptibles de troubles à l'Ordre public que notre pacifique association d'anciens du lycée dont le plus jeune a 54 ans.

Trop c'est trop!
Jean-Pierre RONDEAU


NDLR : Quel rapatrié aura demain la bêtise de voter pour ces gens là !

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