Ainsi la Turquie souhaite entrer dans l'Europe. Les Européens qui soutiennent ce projet, ajoutent avec une certaine impatience que cette candidature date d'un demi-siècle et qu'il faut en finir. Au demeurant, disent-ils, depuis la Seconde Guerre mondiale, ce pays a été intégré dans des organisations telles que l'OTAN, le Club de Rome, l'Union douanière, etc. Le mouvement semble inéluctable. Pourquoi, ajoutent-ils, refuser à la Turquie le geste politique qui lui permettrait maintenant de s'intégrer à l'Union européenne ?
Observons d'abord que les Turcs ont manifesté leur détermination de pénétrer en Europe bien avant ces cinquante dernières années. Car ils ont commencé à s'attaquer à notre vieux continent dès le Moyen-âge. Au 19eme siècle, les hordes seljoukides venaient au contact de l'Europe en se ruant sur l'Asie mineure chrétienne. Les incursions belliqueuses dans les Balkans n'ont pas tardé à suivre. Des siècles de guerres atroces ont jalonné cette conquête avec des alternances de succès et de revers. Et, globalement, la plus grande partie du Sud-Est et du centre de l'Europe a été conquise malgré des coups d'arrêt héroïques, tels que ceux donnés sur mer à Lépante et sur terre à Budapest et à Vienne. En fait, cette partie de l'Europe n'a été à peu près complètement débarrassée de l'islam turc qu'à la veille de la Grande Guerre, la puissance ottomane ne gardant que la Thrace orientale après la victoire de 1918. Encore a-t-il fallu, à la fin du 20eme siècle, que nous ayons la peine de voir la réapparition d'états musulmans - et même islamistes - hier avec la Bosnie, demain avec le Kossovo venant agrandir une Albanie où les musulmans sont tout puissants.
Devant cette histoire presque millénaire, comment peut-on chercher à nous faire perdre de vue qu'il n'y a qu'un changement de tactique : les Turcs, tenaces et obstinés, sont plus que jamais déterminés à pénétrer cette Europe encore riche, décadente et offerte. Ils ont simplement pris conscience qu'il leur suffisait d'adopter la voie pacifique, plus facile et moins coûteuse que toutes les aventures militaires antérieures. L'objectif n'a pas changé ; les Turcs non plus. Ce sont les Européens qui sont maintenant aveugles et prosternés.
Depuis des décennies, les autorités européennes pratiquent une interminable valse-hésitation face aux sollicitations et aux exigences turques. Rappelons seulement quelques jalons de cette politique incohérente avant d'en examiner les raisons toujours inexprimées. En 1987, en réponse à la demande de la Turquie d'adhérer à l'Europe, cette dernière a voulu obtenir la reconnaissance préalable du génocide arménien, ainsi que le retrait de Chypre des envahisseurs turcs et la reconnaissance en Turquie du statut des minorités. En 1995, avec l'extension de l'Union douanière à la Turquie, les obstacles économiques habituellement invoqués ont été considérés comme aplanis. En 1997, l'Union semble opposer un refus plus ferme à l'insistance turque, l'Europe mettant à nouveau en avant des raisons politiques, en particulier la question de Chypre et le respect des droits de l'homme dans le pays candidat. Deux ans plus tard, au sommet d'Helsinki, les velléités européennes se ramollissent et ses autorités font savoir que la candidature de la Turquie serait prise en considération. En octobre 2004, Bruxelles donne un avis favorable à l'examen de l'adhésion, préparant ainsi l'étape définitive. Le 17 décembre 2004, nous avons appris avec consternation que les vingt-cinq chefs d'Etat européens, après une discussion bâclée de moins de 4 heures, avaient donné un avis favorable à l'ouverture de négociations pour cette adhésion de la Turquie à l'Union. Même les vieux pays catholiques, comme la Pologne, l'Espagne ou l'Italie, ont capitulé, sans même un baroud d'honneur. Sauver l'Europe semble maintenant relever du miracle.
Les incohérences apparentes de cette politique s'expliquent aisément. D'une part, en effet, une partie de la nomenklatura européenne, bien qu'elle soit travaillée en permanence par une intelligentsia pro-turque, perçoit, à des degrés divers, les dangers de mettre la Turquie dans l'Europe en raison de spécificités fondamentales. La Turquie diffère radicalement de l'Europe par une religion imprégnant profondément les mentalités et les comportements, par une natalité aussi forte que la natalité européenne est effondrée, par un différentiel économique considérable, par des frontières méridionales et orientales offrant des perspectives redoutables, etc. Malheureusement, l'idéologie ambiante empêche d'exprimer ces considérations - dont le pivot est la spécificité musulmane. Elle empêche même de les évoquer. Alors, au fil du temps, les raisons qui sont opposées aux prétentions turques s'abîment les unes après les autres et la candidature fait son chemin, préludant au triomphe final. En effet, faute de pouvoir s'appuyer sur une vérité maudite et imprononçable, les Européens entravés ont invoqué des faux-fuyants conformes à l'idéologie dominante. Dans ces conditions, le dialogue s'engageait mal.
Le dialogue s'engageait en effet d'autant plus mal que ces Européens sont déterminés à ignorer le trait essentiel qui sous-tend toute la tactique musulmane : quand le fidèle d'Allah combat pour conquérir et convertir le mécréant, pour assurer le triomphe de la vraie foi, alors tous les mensonges, toutes les duplicités, tous les parjures, toutes les promesses que l'on est décidé à ne pas tenir deviennent parfaitement licites. Et depuis plusieurs décennies, face aux mauvaises raisons derrière lesquelles se retranchent les atermoiements européens, les Turcs se livrent à une véritable danse du ventre offerte à ces peuples désarmés, conquis d'avance, fascinés par une menace qu'ils pressentent secrètement, méprisables et infiniment méprisés par ceux qui frappent à leur porte.
L'Europe demande-t-elle la démocratie ? Les Turcs répondent : "nous avons le multipartisme et des élections libres depuis un demi-siècle. La laïcité ? Elle a été installée chez nous depuis les années 20. Des institutions et des pratiques garantissant l'état de droit ? Bien sûr, nous avons renvoyé l'armée dans ses casernes. Et ils l'ont fait d'autant plus volontiers qu'elle a été, au cours des dernières décennies, la seule parade contre les islamistes. Le respect des droits de l'homme ? Pourquoi pas ? Les jeunes femmes seront désormais libres de porter le voile. Quand on évoque auprès du Premier ministre turc, Erdogan, en visite devant une instance européenne, le génocide arménien, celui-ci, donnant la mesure du mépris dans lequel il tient ses interlocuteurs, répond qu'il n'y a eu là qu'une défense légitime du peuple turc face à une agression des chrétiens ! Et, en cette même année 2004, interrogé sur la criminalisation de l'adultère (commis par la femme évidemment) par une toute nouvelle loi turque, le Premier ministre, décidément ouvert à toutes les concessions, promet de faire abroger immédiatement ladite loi sans même prendre l'avis des parlementaires qui venaient de la voter.
Avant d'en venir à quelques considérations politiques et sociales, disons un mot des arguments économiques parfois avancés par les pro-Turcs : la Turquie serait en pleine croissance économique dont il est souhaitable que nous bénéficions. D'ailleurs, les entreprises françaises installées en Turquie font d'excellentes performances. C'est là la trop fréquente et désolante convergence, entre d'une part, un mercantilisme à très courte vue et, d'autre part, s'appuyant sur des arguments spécieux et d'autre part une mauvaise foi politicienne prête à faire feu de tout bois. En réalité, la pénétration de la Turquie dans l'Union entraînerait en effet un regain des délocalisations d'entreprises européennes, réduisant encore les possibilités d'emploi offertes à notre main d'oeuvre européenne et aggravant ainsi le chômage qui en résulte. A cela s'ajoutera le retard économique considérable de la Turquie - dont portent témoignage ses très bas salaires -. L'intégration de ce pays appellera une aide communautaire exorbitante - on parle de plusieurs centaines de millions d'euros annuels voire de plusieurs dizaines de milliards -évidemment à la charge des entreprises et des contribuables européens. Au demeurant comment s'explique cette nécessité d'aides s'il y a un tel boom économique ?
Dans une évocation de ces arguments pro-turcs, il s'impose de citer Chirac. Car, d'une part celui-ci, comme Président de la République française et partisan inconditionnel de la pénétration turque, pèse d'un poids considérable sur la décision finale de l'Europe. D'autre part, parce que cet homme qui a en charge le destin de la France se place systématiquement à l'avant-garde des positions anti-françaises. Idéologiquement, ses convictions, ses choix et ses décisions le situent dans la mouvance alter-mondialiste : cosmopolitiste, pro-émigrationniste, partisan d'une eradication totale de l'ordre moral et adepte des discriminations positives en faveur des moeurs contre nature et de la destruction méthodique des restes de la famille et de la patrie françaises. Il ne cesse d'affirmer et de réaffirmer la vocation européenne de la Turquie et de prodiguer aux Turcs des espoirs et des promesses et, par conséquent, des encouragements à être de plus en plus pressants.
Après la visite d'Erdogan au mois de juillet 2004, un communiqué spécial de l'Elysée confirmant de nombreuses déclarations antérieures, affirmait : "la Turquie a fait des progrès considérables. Son entrée dans l'Europe est souhaitable, dès que possible, pourvu qu'elle poursuive et intensifie ses réformes démocratiques et économiques". Déjà, lors d'une conférence de presse du 29 avril 2004, consacrée à l'élargissement de l'Europe, nous avions droit à un discours sur le même thème. "C'est notre intérêt politique d'avoir (parmi nous) la Turquie acceptant de partager nos objectifs et nos valeurs et qui, à ce titre, pourra servir de modèle à l'ensemble de la région qui l'entoure".
Ces quelques phrases portent témoignage de deux des mensonges développés par la propagande pro-turque. Le premier est celui de la perfectibilité de la société turque - sinon de la perfection déjà atteinte - au regard de nos valeurs citoyennes. Ce qui est une énormité à une époque où sont éliminés les acquis laïcs de la révolution kémaliste au profit d'un islamisme retrouvé et de plus en plus totalitaire. Le deuxième mensonge porte sur l'exemplarité de la Turquie entrant dans l'Europe pour les autres pays (musulmans) de la région. La seule exemplarité, hélas, sera la réussite de la pénétration pacifique mais totale de la vieille Europe dépourvue de toute défense immunitaire. Soyons assurés que cet exemple sera suivi par bien des pays arabes.
Le discours continue. "Cette perspective est sans doute préférable à celle d'une Turquie entièrement rejetée pour des raisons d'ordre ethnique ou culturel. Cela ne manquerait pas de faire le jeu de tous ceux qui prônent le choc des civilisations et cherchent à opposer l'Occident et l'islam". Ainsi, ce sont ceux qui veulent éviter l'entrée de la Turquie dans l'Europe qui recherchent le choc des civilisations ! Mais de qui se moque-t-on ? Depuis des décennies, depuis au moins les guerres de décolonisation, est-ce nous ou les islamistes qui étendent leur fureur sanguinaire de l'océan Pacifique à l'Atlantique, s'en prenant préférentiellement aux chrétiens mais s'attaquant aussi à tout ce qui n'est pas déjà le dar-el-islam, voire aux pays musulmans insuffisamment islamistes ? Qui est-ce qui massacre du chrétien, bien avant les horreurs du 11 septembre 2001, aux Moluques, aux Philippines, à Timor, en Indonésie en général, au Soudan, au Darfour, au Tchad, au Nigeria, en Côte d'Ivoire ; mais aussi en Europe, en Bosnie, au Kosovo, à Madrid, en Tchétchénie, en Ossétie, en Russie. Bref, partout. Bien sûr, faire entrer la Turquie dans l'Europe évitera le choc des civilisations en ce sens que cela permettra à la Turquie de nous conquérir sans tirer un coup de feu ou donner un coup de poing. Mais, au moins dans l'autre solution, la belliqueuse, il nous serait resté une chance de nous défendre, militairement. La pénétration de musulmans nombreux au sein d'une population relevant de notre tradition finit toujours par des affrontements dramatiques, voire de véritables guerres civiles.
La dame Guigou est aussi perverse, mais elle est moins hypocrite. Elle dissimule moins son véritable objectif, sa véritable haine. "Dans le cadre de l'Union, la Turquie peut être un modèle pour l'ensemble du monde musulman. Son entrée consacrera également l'identité propre de l'Europe qui est d'être cosmopolite et multireligieuse. Pour moi, l'Europe n'est pas un club chrétien." Bien entendu elle veut dire, pour moi, l'Europe doit cesser totalement d'être un club chrétien. Il est vrai que la Turquie européenne sera, à l'égard du christianisme, l'instrument le plus efficace et le plus expéditif du hallali. La motivation profonde de Chirac est la même. Quand il a rejeté, avec acharnement, la mention de racines chrétiennes de l'Europe dans le projet de future constitution, ce n'est pas au passé qu'il en voulait ; car celui-ci n'est pas soumis à ses choix idéologiques et à ses mensonges. Il fallait empêcher que l'on puisse par la suite s'appuyer sur ces quelques mots pour invoquer la religion à l'appui d'un refus de la candidature turque et, a contrario, quand il a osé parler de racines musulmanes de l'Europe, il outrageait la vérité historique. Il ne visait qu'à justifier sa détermination à faire pénétrer chez nous le géant turc.
Revenons d'abord un instant sur la demande faite aux Turcs de reconnaître le génocide arménien, préalablement à notre acceptation de leur candidature. En quoi cela s'imposait-il ? Supposons qu'ils y aient répondu favorablement, en quoi cet acquiescement effaçait-il le fait de l'histoire et le poids qu'il a sur la décision à prendre actuellement ? Peut-on acquitter l'assassin sous la seule réserve qu'il se reconnaisse coupable, sans tenir compte ni des exigences de la Justice, ni des risques de récidive. En fait, la demande n'était pas exempte d'hypocrisie. Si les Turcs avaient accepté, nous aurions eu moralement satisfaction et nous aurions dû dès lors les admettre dans l'Europe, vêtus de la candeur de l'innocence. Ce qui serait insensé. Car l'importance du génocide ne se situe pas dans le passé mais dans le futur. En fait, ces massacres prouvent que la barbarie turque n'est pas le seul fait d'un passé révolu, de hordes asiatiques sanguinaires d'autrefois, de califats fanatiques mais éteints. L'exemple tout proche, puisque du 20eme siècle, prouve qu'une Turquie - pourtant prête à basculer dans la laïcité -, restait cependant plus que jamais disposée à exterminer plusieurs millions de chrétiens de la façon la plus sauvage. La Turquie n'a pas changé. Qui a bu, boira.
Et pour échapper à l'imprononçable vérité - la religion -, des opposants invoquent la géographie. La Turquie dans ses frontières actuelles, disent-ils, ne fait pas partie de l'Europe : les 9/10eme de son territoire sont sur le continent asiatique et, d'ailleurs, immémorialement l'Anatolie a été appelée Asie mineure. L'argument serait irrécusable, comme la discipline scientifique d'où il est tiré. Cependant, en termes de géographie physique, de reliefs ou de structure profonde, il n'y a aucune discontinuité qui s'impose entre les Balkans et l'Anatolie si ce n'est la présence du Bosphore, qui est insignifiant. La mer Baltique, la Manche, la mer d'Irlande, plus larges que le Bosphore et les Dardanelles, n'empêchent pas la Norvège ou la Suède, la Grande Bretagne et l'Irlande, de faire indiscutablement partie de l'Europe. On ne peut s'appuyer que sur la géographique humaine. Mais la prise en compte de celle-ci ne peut que nous ramener à la religion. Car, si la géographie humaine a classiquement limité l'Europe aux détroits, c'est parce que, depuis près d'un millénaire, l'Anatolie est occupée par un peuple dont les ancêtres, venus d'Asie, sont de religion musulmane, contrairement aux Européens. Et rien d'autre !
Historiquement, si l'on avait parlé d'Europe au temps de l'empire chrétien d'Orient, depuis le règne de Constantin, aurait-on refusé au territoire de l'Anatolie actuelle d'en faire partie ? Mieux encore : au bas Moyen-âge, on peut imaginer que le centre de l'Europe ait été excentré à Jérusalem si la Terre Sainte n'avait pas connu le malheur de l'invasion mahométane au 7eme siècle, puis la fin tragique et définitive du Royaume franc de Terre Sainte aux 12eme et 13eme siècles. Au Moyen-âge encore, la Finlande et la Russie étaient-elles réellement considérées comme étant en Europe ? Qui leur refuserait cette qualité maintenant ? Il est vain de vouloir échapper à l'essentiel, la religion. Tout nous y ramène.
Comme nous l'avons déjà dit, beaucoup tirent la sonnette d'alarme au nom d'une affaire de gros sous. Il est vrai que l'entrée de la Turquie dans l'Europe risque fort d'achever les économies des nations européennes. Le différentiel de niveau de vie et de salaires entre l'Europe et la Turquie aggravera considérablement le chômage dans nos pays, en même temps qu'une immigration massive pèsera d'un poids écrasant par l'alourdissement des charges que nous connaissons déjà avec l'immigration présente. S'il est vrai que l'argument est capital, il reste cependant difficile d'emploi. Les opposants à l'entrée de la Turquie dans l'Europe sont des Français, souvent chaleureux défenseurs naguère de l'Empire en général et de l'Algérie française en particulier. Le maintien de cette France impériale était fort coûteux. Aurait-on admis de la rejeter pour cela dans les ténèbres de l'indépendance ? N'aurait-on pas considéré comme relevant d'un impardonnable égoïsme que l'Allemagne de l'Ouest refusât d'engloutir des milliards de deutschmarks quand les événements politiques lui ont permis d'intervenir dans la très misérable Allemagne de l'Est débarrassée du joug bolchevique ? Et puis, la terrible ponction à attendre de cette folle décision ne fera que s'inscrire dans le droit fil de nos largesses infinies à l'endroit du Tiers-Monde, toujours la sébile à la main. Le fait de payer le gaz algérien - que nous avons trouvé et dont nous avons été spoliés - très au-dessus du cours international, n'en est qu'un exemple parmi bien d'autres.
Et puis, nous dit-on, il y a des différences culturelles qui rendront le mélange non miscible. Ainsi, Monsieur Bayrou qui veut refuser la candidature turque, nous explique à peu près que l'unité politique n'est pas possible sans l'unité culturelle. Afin d'éviter le tabou, il cultive l'ambiguïté, rate l'essentiel en ne parlant pas religion et ne convainc personne. Car les différences de cultures dans l'Europe actuelle ne sont pas négligeables ; mais elles ne sont pas rédhibitoires entre ces pays tous marqués par la tradition chrétienne. De quoi s'agit-il en fait dans la spécificité européenne ? On nous répète à satiété que notre culture est faite d'un héritage gréco-latin et de la religion chrétienne. Si on veut bien admettre que cet héritage gréco-latin nous est parvenu grâce à la pérennité de notre civilisation chrétienne, souvent maintenue à bout de bras par l'institution ecclésiale, par ses monastères, par ses moines copistes qui recopiaient les textes anciens et les sauvaient de l'oubli, par ses chevaliers qui défendaient l'héritage architectural et sculptural antique dans toute l'Europe, ne doit-on pas considérer que ce qui fait la culture de notre continent, de l'Est à l'Ouest et du Nord au Sud, c'est notre religion chrétienne ? Et rien d'autre.
Ces quelques arguments politiquement corrects qui viennent d'être évoqués et bien d'autres, ne sont trop souvent que des faux-fuyants ou des substituts misérables à la raison fondamentale de dire non à l'entrée de la Turquie. Poser comme préalable telle ou telle condition, telle ou telle garantie - autre que l'impossible changement de l'empreinte religieuse - ne peut servir de rien. Le Turc saura toujours simuler. Sa ténacité et sa détermination sauront toujours mettre en débâcle notre volonté trop fragile. Dans un tel combat, essentiel pour la survie d'une nation, il faut éviter par dessus tout les faux-fuyants en premier lieu parce qu'ils sont inefficaces.
En fait, chacun sait que c'est la différence de religion qui est la seule suffisamment importante et suffisamment définitive pour motiver un refus catégorique à la demande turque. Raison de plus pour que l'intelligentsia ânonnât à longueur de temps que la religion est seulement affaire du privé ; qu'elle ne saurait interférer avec le public et, a fortiori, avec la conduite de la politique. Comme si les comportements collectifs n'étaient pas la somme et la résultante des motivations profondes des individus constitutifs de la collectivité. Raison de plus aussi pour excommunier la seule évocation de la religion dans n'importe quel débat. C'est ainsi que dans une émission récente à la télévision, il a été bien entendu d'emblée qu'il n'était pas question de faire intervenir la religion. Tous les participants se sont plies à cette exigence qui semblait aller de soi, comme relevant de la plus élémentaire décence. Tous les participants, y compris de Villiers - le seul parmi les personnalités invitées à l'émission à défendre les arguments opposés à l'entrée de la Turquie dans l'Europe - qui s'est privé ainsi de la seule arme déterminante. Non seulement il devient ainsi impossible d'invoquer la religion mais même de prendre en compte les comportements imputables à cette élément fondamental de la personnalité des peuples. Il en est ainsi par exemple de la polygamie, encore pratiquée par de très nombreux musulmans à la suite du prophète, et dont les autorités européennes s'accommodent fort bien alors que cette pratique relève de la pénalité dans tous les pays d'Europe. On nous bande les yeux pour nous amener à l'abattoir et la majorité du peuple français n'offre pas plus de résistance que des moutons bêlant vers la même destination.
Byzance, héritière de l'empire romain d'Orient, chrétienne depuis Constantin, résistait depuis quatre siècles aux agressions de l'islam arabe quand elle fut attaquée par les musulmans turcs. C'est en 1071, en effet, que les Turcs seldjoukides, déjà islamisés, ont triomphé des armées byzantines. Ce fut là le début d'une conquête de l'Anatolie qui devait demander plus de trois siècles - Constantinople ne tombant qu'en 1453, submergée par les armées de Mehmed II -. Dès avant cette prise de la capitale de l'Empire d'Orient, les Turcs avaient commencé une conquête, parfois de la dernière sauvagerie des Balkans et d'une partie de l'Europe centrale qui ne devait être débarrassée à peu près totalement de ses envahisseurs qu'à la veille de la Grande Guerre.
Quand, de nos jours, les Turcs prétendent descendre du vieux fond indigène de l'Anatolie, que ce soient des Hittites ou des communautés chrétiennes primitives, ils se moquent de nous. Certes, les envahisseurs seldjoukides puis ottomans n'ont pas mis à mort jusqu'aux derniers ces indigènes. Mais, dans la mesure où ils ont contraint par le fer et par le feu la majorité des survivants à devenir trucs et musulmans, c'est ce double atavisme qui marque de la même et terrible empreinte toute cette population, réduisant à rien le rôle de quelques gènes résiduels hérités des indigènes authentiques. Les Turcs qui ne sont pas indigènes en Anatolie, ne sauraient se prévaloir d'une descendance de quelques peuples autochtones que ce soit.
La Turquie se définit d'un mot : c'est une grande puissance musulmane. Sur quelques 70 millions d'habitants, 98% au moins seraient des fidèles d'Allah ou du moins se rattacheraient à
cette tradition. Alors que dans la plupart des pays du monde actuel, la natalité régresse ou du moins se stabilise, la fécondité de la Turquie - comme de la plupart des autres pays musulmans - reste élevée. Les incitations coraniques - la femme morte en couches va directement au paradis à l'instar du guerrier tué à la guerre sainte - ont plus profondément marqué les disciples de Mahomet que ne le font désormais les incitations bibliques auprès des chrétiens. En outre, cette fécondité est évidemment favorisée par la condition serve de la femme musulmane, comme elle l'est par la polygamie depuis toujours.
Contrairement à l'Evangile, qui met au premier rang la personne, responsable de préparer en ce monde son salut dans l'autre, les textes sacrés et la tradition de l'islam donnent la prééminence à l'Ouma, la communauté des croyants. Contrairement encore à l'évangile qui enseigne l'humilité - même si la leçon n'est pas toujours reçue -, le fidèle d'Allah puise trop souvent dans sa foi un orgueil qui peut se traduire par une certaine arrogance dans le comportement et du mépris - sinon plus - à l'égard des catégories inférieures : les infidèles -mécréants ou athées -, les femmes. Tout cela est turc.
L'islam est réfractaire au progrès. Ce n'est pas le lieu de revenir sur la réalité de ce que des auteurs complaisants ont appelé les siècles d'or de l'islam ni d'en faire la critique. L'époque ainsi désignée, vieille de sept ou huit siècles, est révolue. En revanche, au cours des deux ou trois siècles les plus récents, la rencontre de l'Occident avec de nombreux pays musulmans -qu'elle s'accompagnât ou non de colonisation - a révélé des sociétés dans un état de déshérence et de misère matérielle et spirituelle effrayant et un décalage - pour ne pas dire un retard -considérable par rapport aux civilisations européennes.
L'explication, partielle au moins, tient dans une certaine mentalité religieuse particulière à l'islam. Il s'agit de la conviction, implantée dans bien des esprits au fil des siècles suivant laquelle l'apogée de la société musulmane se situe à la source historique de la religion, lors des révélations qu'aurait reçues Mahomet. Toute évolution ultérieure - a fortiori accélérée et aggravée par les efforts des hommes - ne peut aller que vers une décadence, vers une altération de la perfection.
Et il faut bien dire qu'en notre période contemporaine, en dépit de contacts multipliés entre des pays de culture différente, en dépit du nombre de musulmans formés dans les universités occidentales, cet état de chose n'a pas été radicalement modifié. Le fait est d'autant plus remarquable qu'une partie de ces pays musulmans a bénéficié d'un immense pactole pétrolier qui aurait permis un démarrage foudroyant à des peuples comme ceux du sud-est asiatique, plus aptes à se couler dans le moule de la modernité. Dans l'ensemble, au contraire, les pays arabes, même les plus richement dotés par la nature, continuent à faire montre d'une inefficacité économique et d'un retard scientifique et technologique qui handicapent gravement leurs possibilités de développement. La stagnation qui en résulte n'est pas le facteur le moins important pour expliquer les ferments révolutionnaires qui agitent le monde musulman. La misère absolue de l'Algérie, riche cependant de son pétrole et de son gaz, est une des plus remarquables illustrations de ce fait.
Ici encore la Turquie est profondément musulmane. L'Anatolie n'est pas un désert. Son climat n'est ni trop rude, ni débilitant pour l'homme. Ses possibilités agricoles sont comparables à celles de l'Europe. Pourtant, ce pays, depuis qu'il a été voué à Allah, végète dans la pauvreté et le sous-développement. À l'évidence, la différence de potentiel avec les nations européennes est démesurée. De ce fait, en cas d'admission de ce pays dans l'Europe, c'est à un véritable raz-de-marée humain auquel nous nous trouverons confrontés : le Bosphore est si facile à franchir !
La violence est consubstantielle à l'islam. À cela on réplique souvent que les chrétiens ont également commis bien des méfaits à rencontre des païens ou des fidèles d'autres religions. C'est vrai. Mais ces actes, même s'ils avaient pour objectif la conversion de ceux qui en étaient les victimes, étaient dus à un zèle peut-être excessif de leurs auteurs. Pas une ligne de l'évangile ne les justifiait. À l'inverse, les textes sacrés de l'islam se singularisent par des injonctions stupéfiantes de violence à l'égard des infidèles, véritables incitations à des voies de fait
physiques, allant jusqu'à la mise à mort. Il n'y a donc pas à s'étonner qu'une certaine agressivité caractérise souvent le comportement des musulmans.
De façon indubitable, l'islam commande le djihad. Certains beaux esprits s'efforcent de nous convaincre qu'il ne s'agit là que du combat mystique d'un individu sur lui-même, c'est-à-dire d'un effort intérieur du croyant pour sublimer sa foi. Toute l'histoire de l'islam, toute faite des conquêtes les plus belliqueuses et souvent les plus sanguinaires pour obtenir la conversion à la vraie foi de peuples qui jusqu'alors y avaient échappé, s'inscrit en faux contre ces interprétations de la guerre sainte, rassurante mais parfaitement mensongère.
Religion de combat, l'islam s'est incarné dans une structuration sociale tout à fait originale. C'est la confusion du pouvoir religieux et du pouvoir politique - et par conséquent de ses instruments militaires. L'un et l'autre unis par l'objectif suprême de la conversion du monde. Le prophète Mahomet déjà n'était-il pas à la fois un chef mystique et un chef de guerre ? Les
intégristes du 20eme siècle n'ont pas changé sur ce point, comme le montre le régime des ayatollahs en Iran où les chefs religieux assument sans complexe les responsabilités politiques. Les Turcs, quant à eux, avec le califat d'Istanbul, ont donné pendant des siècles un modèle de cette confusion des pouvoirs politiques et mystiques.
Remarquons aussi que, tout au long de treize siècles d'histoire, cette soif de convertir, de la façon la plus brutale et la plus impitoyable, n'a été adoucie par aucun attiédissement de la foi, par aucun aggiornamento des injonctions du Livre ou de ses addhits. L'islam ne bouge pas. En fait, au vu de la bauge matérialiste dans laquelle se vautre l'Occident moderne, les musulmans ont ajouté à l'ardente volonté de convertir le mépris et la haine pour ces pourceaux d'Occidentaux qui ont pris tant de distance par rapport à Dieu...
Dans la haine que les musulmans vouent aux infidèles en général et aux chrétiens en particulier, dans la conduite des guerres saintes les plus meurtrières, l'islam turc s'est taillé une
place et une réputation de premier plan, pratiquement sans discontinuer depuis le 1 1eme siècle
jusqu'aux temps les plus modernes. Au 20eme siècle encore, ce fut à partir de 1915 le génocide des chrétiens d'Arménie et ses millions de victimes et en 1974, plus modestement, la conquête militaire d'une bonne partie de l'île de Chypre et l'expulsion des chrétiens qui y demeuraient légitimement. Bref, l'engagement dans les guerres saintes les plus meurtrières, les plus sanguinaires a été le fait des Turcs depuis près d'un millénaire avec peut-être plus de continuité que celui des Arabes. Et voilà qu'il n'y a plus, parait-il, que des agneaux bêlant devant la porte égoïstement fermée de la bergerie européenne...
Chez eux, depuis le Moyen-âge au moins, en Anatolie, faute de pouvoir tuer tous les chrétiens, ils ont acculé des millions d'entre eux au départ ou même à une fuite éperdue afin de parfaire la purification religieuse du territoire qu'ils avaient conquis. Alors que la Turquie
comptait au début du 20eme siècle 30 % de chrétiens, parfaitement indigènes et ayant les droits les plus légitimes et les plus indiscutables sur la terre de leurs pères, ceux-ci ne représenteraient actuellement que moins de 1 %. Notons que ces départs se sont poursuivis après 1923, c'est-à-dire sous le régime prétendument laïc de Mustapha Kemal. En fait, le laïcisme réel du dictateur ne mettait pas fin à la haine inextinguible des Turcs dont le fondement est religieux et n'est que religieux. Enfin, pour ce qui est des infimes minorités chrétiennes qui s'accrochent désespérément, tous les moyens de persécution - en particulier dans le domaine cultuel - sont bons à leur encontre. Les minorités grecques et arméniennes n'ont même pas le droit d'entretenir leurs églises avec des fonds qu'elles collecteraient parmi leurs fidèles. Ainsi, quand ces édifices s'écrouleront on pourra dire que c'est la volonté d'Allah. L'État turc s'approprie de plus en plus d'écoles chrétiennes. Le catholicisme, quant à lui, est de fait hors-la-loi en Turquie, dépourvu de tout statut, de toute personnalité juridique.
Avant 1914, le séculaire califat d'Istanbul avait mené la Turquie à un état de décadence profonde, responsable d'un retard d'évolution par rapport aux pays occidentaux, insupportable dans un monde de plus en plus décloisonné. Avec la défaite de la Grande Guerre, cette
décadence allait faire perdre à la grande Turquie tout ce qu'elle avait occupé hors de l'Anatolie, de la Méditerranée à l'Iran et du Kurdistan à la mer d'Arabie et à l'océan Indien. Le général Mustapha Kemal, quant à lui, sortait auréolé de la seule victoire militaire remportée sur les alliés que la résistance de son armée avait rejetés à la mer à l'issue de la bataille des Dardanelles. Il était donc tout désigné pour se substituer à des pouvoirs à bout de souffle.
En 1923, il installait sa dictature. Pour ce nouvel homme fort, qui allait bientôt s'identifier à son pays sous le nom d'Attatürk, c'est le poids de l'islam qui était responsable de la pétrification du pays. Il mène donc le combat contre tout ce que l'islam possédait de pouvoir politique en Turquie. Alexandre Del Val rappelle que l'article 163 de la Constitution interdisait même tout parti politique se réclamant de l'islam. Attatürk s'attaque même à l'usage de la langue sacrée, celle du Coran. N'interdit-il pas l'alphabet arabe et l'appel du muezzin lancé dans la langue du prophète ? Conscient du poids du vêtement dans les comportements hérités de la religion de Mahomet, il avait fait disparaître le port du voile des grandes villes et imposé aux hommes le costume à l'occidental et même le couvre-chef avec visière qu'avait toujours rejeté la religion. La profondeur de la désislamisation qu'il a poursuivie jusqu'à sa mort en 1938 a étonné le monde.
Notons cependant que, comme l'a rappelé A. Del Val, cet État kémaliste finançait 90 000 imams qui donnaient vie aux mosquées. Outre les possibilités financières ainsi concédées à l'islam, un fait est significatif quant aux statuts privilégiés dont continuait à bénéficier cette religion. C'est ainsi, par exemple, que les cours de religion restaient obligatoires à l'école. Alors que pendant ce temps les autres confessions continuaient à être aussi maltraitées.
Le successeur d'Attatürk, Ismet Inönüi, poursuit et approfondit ces efforts de laïcisation. On a même pu dire qu'il a mené une politique carrément anti-religieuse. Mais la laïcité l'a amené à la démocratie qui devait perdre la réforme kémaliste. Le nouveau dictateur autorise l'éclosion des partis dès 1946. Quatre ans plus tard, ce sont les adversaires du kémalisme qui remportent les élections. La page était tournée. La parenthèse était fermée.
Avec la démocratie, avec ces machines de guerre que sont les partis politiques, les forces hostiles allaient se déchaîner contre l'œuvre entreprise et ses promoteurs. On a fait passer Kemal Attatürk pour juif et franc-maçon, épithète qui tue - même un mort - en pays d'islam ! L'islam, profitant de ces conditions, n'a pas eu de peine à réactiver l'empreinte hégémonique dont elle avait marqué le peuple turc depuis plus d'un millénaire. Depuis 1950, les partis souhaitant ré-islamiser le pays ont marqué des points à toutes les élections. L'armée, dernier bastion d'une volonté laïciste, a dû recourir à plusieurs coups d'État successifs pour empêcher le basculement dans un régime intégriste. Les élections de 2002 amènent finalement au pouvoir le parti islamiste d'Erdogan qui, depuis, dirige la politique d'Ankara et a réactivé vigoureusement la procédure de pénétration dans l'Union européenne.
L'objectif du pouvoir n'est rien moins que de rétablir le califat d'Istanbul. La société civile se ré-islamise en profondeur. Les droits de Dieu priment sur les droits de l'homme et l'Ouma sur la personne. La polygamie a retrouvé une image honorable et, récemment, comme je l'ai dit ci-dessus, l'instance législative d'Ankara - pourtant en train de faire le ménage sur le code pénal turc afin qu'il offre une image souriante aux censeurs européens - a voté la criminalisation de l'adultère. Les autorités islamistes ont parfois tenté également d'interdire l'usage des boissons fermentées. Politiquement, les grandes confréries musulmanes prennent une importance considérable dans la vie du pays. Les principales municipalités sont tombées entre les mains des partis islamistes. La religion envahit la radio et la télévision et les cours à orientation prosélyte toujours imposés dans les écoles primaires et secondaires. Le voile serait porté actuellement par 70% des femmes en Turquie.
Certains auteurs, hostiles à la pénétration de la Turquie dans l'Europe, ont déjà mis en avant cette recrudescence de symptômes islamistes qui se marque dans les mentalités, dans les mœurs, dans les comportements et dans tous les champs de la vie sociale. Énumérant des points saillants, ils soutiennent que la Turquie doit surmonter toute entorse aux Droits de l'homme dictée par la religion, avant que son adhésion soit acceptable. En quelque sorte, un retour partiel au moins au kémalisme leur suffirait. Il s'agit là encore d'un faux-fuyant, dangereux. L'enseignement des quatre-vingts dernières années me paraît différent, avec successivement la tentative de laïcisation et la rechute qui l'a suivie. Pourtant les réformes de Kemal Attatürk avaient été profondes et apparemment admises par la majorité du pays, pendant plusieurs décennies. La rechute prouve que l'islam reste l'élément le plus prégnant de la personnalité et de l'identité turques. Cette religion, c'est totalement ce que l'on pourrait appeler l'âme turque et ce ne sont ni les bonnes intentions affichées ni, a fortiori, les déclarations et les promesses plus ou moins mensongères et hypocrites qui changeront quoi que ce soit, pour des siècles sans doute et en tout cas pour de nombreuses décennies. Il est désormais impossible d'ignorer que même des efforts réels de laïcisation resteront éphémères et seront balayés à la faveur d'un substratum psychosocial non rémissible. En peu d'années, l'âme turque retourne vers l'islam comme l'aiguille magnétique, un instant volontairement désorientée, retourne vers le nord. Et par conséquent même si la Turquie était toujours celle de Kemal Attatürk, notre opposition resterait toujours aussi catégorique. Les mentalités de ce peuple sont ce qu'elles sont. Nous n'en jugerons pas ici. Mais, musulmanes, elles sont profondément différentes des nôtres et définitivement inconciliables avec elles.
Rappelons le slogan "La France pour tous". Il en dit long sur la complaisance des forces qui dirigent notre pays à l'égard d'une invasion unique dans notre histoire. Notre richesse résiduelle - et en grande partie apparente -, nos conditions d'accueil uniques au monde - et qu'un Borloo se propose d'aggraver encore dans des proportions déraisonnables -, notre incapacité à renvoyer chez eux même ceux dont le comportement les rend parfaitement indésirables, toutes les conditions sont réunies pour attirer chez nous "toute la misère du monde", et la misère turque n'est pas la moindre. Or, elle pèse sur 70 millions d'hommes à nos portes, attendant que le dernier verrou tombe.
Contrairement à bien d'autres, cette immigration turque, déjà présente, ne saurait être interprétée comme un phénomène de reflux colonial. Nous n'avons jamais colonisé la moindre parcelle de territoire turc ou même turcophone. Le passé colonial, objet habituel de toutes les calomnies, ne saurait être exploité pour justifier leur présence déjà fort importante chez nous. Au surplus, cette absence de toute cohabitation coloniale entraîne que les primo arrivants au moins ne parlent pas en général notre langue, aggravant les difficultés d'intégration dans notre communauté nationale. Ces circonstances favorisent évidemment un repli communautaire auquel ces allogènes non-européens sont déjà naturellement enclins. Cette absence de toute vie commune entre eux et nous dans le passé récent rend compte d'une différence supplémentaire avec l'autre immigration musulmane pléthorique, celle des nord-africains et des noirs islamisés. Ces anciens colonisés se sont naguère longuement frottés à nous et à notre civilisation. Cette coexistence prolongée a parfois émoussé les comportements brutaux, les plus choquants pour nous, enracinés dans leur culture. Peut-être faut-il voir là - et non point dans un caractère ethnique - ces brutalités toutes particulières à l'égard de la femme ou même de la très jeune fille turques en France qui, çà et là, défraient la chronique dans les trop rares faits de cette nature qu'on veut bien porter à notre connaissance.
Le repli communautaire ne doit pas s'interpréter comme un repli au sens tactique du terme ; c'est-à-dire comme un retrait au moins momentané devant des forces plus puissantes. Il s'agit au contraire de rassembler une communauté en évitant sa dispersion et son intégration qui seraient naturelles au fil du temps parmi la population d'accueil. Les islamistes font de cette ségrégation un objectif tactique pour disposer d'une force homogène - mais y a-t-il des forces hétérogènes ? - susceptible d'imposer bientôt à une communauté nationale, même encore numériquement majoritaire, sa volonté, sa foi, ses traditions, ses impératifs, ses mœurs et éventuellement sa barbarie. Le maire de la cité jurassienne de Saint-Claude a dénoncé naguère les pratiques des immigrants turcs se livrant à une conquête pacifique mais méthodique de la ville. Ces étrangers achètent, même à prix d'or, des maisons dans une rue. Bientôt les Français qui restent au milieu de ces nouveaux venus, ne supportant plus l'atmosphère profondément étrangère qui leur est imposée, doivent vendre même à bas prix et les Turcs deviennent possesseurs de l'ensemble d'une rue ou d'un quartier. En même temps, de nouveaux arrivants sont toujours conviés à venir participer à l'opération et à en profiter. C'est en quelque sorte la micro répétition des conditions qui seront imposées à grande échelle à la France et à l'Europe.
Pour conquérir un continent que l'on convoite depuis près d'un millénaire, pourquoi recourir à la guerre quand la voie est grande ouverte à une invasion douce et pacifique ? Quand on est appelé par ceux-là même qui vont être occupés et quand ceux-ci sont prêts à donner des milliards au pays d'origine de leurs envahisseurs. On fait l'économie du djihad du sabre grâce au djihad du verbe. Et, dans les présentes négociations pour aplanir les difficultés que peut présenter l'intégration de la Turquie, on ne saurait imaginer interlocuteur plus conciliant, plus ouvert au dialogue, plus disposé aux concessions. Les Européens demandent-ils l'abolition de la peine de mort ? Mais bien sûr, nous y sommes tout disposés. Supprimer les juridictions d'exception ? Tout de suite... Les mesures inégalitaires à rencontre des femmes ? C'est fait. L'armée ne doit plus avoir de rôle politique chez ce pays candidat à l'Europe ? Le gouvernement islamiste la renverra dans ses casernes. La main sur le cœur "bonnes gens, ouvrez-nous la porte de vos remparts. Nous vous amenons la paix, la fécondité et l'amitié"... Ouvrez toujours, on verra après.
Et si nous en reparlions de cet après. Ces affirmations et ces concessions sont de pure tactique et servies à des Européens qui font semblant de tout croire parce qu'ils sont déjà spirituellement conquis. Que vaudront ces concessions, ces conversations, ces promesses, ces chiffons de papier échangés entre Ankara et Bruxelles, face à l'empreinte musulmane imprimée au plus profond de la personnalité turque, face aux écrits de la charria éternelle parce que divins ?
Au cours du siècle écoulé, nous avons connu une immigration relativement importante de chrétiens d'Arménie ou de maronites du Liban devant quitter leur terre natale. Le Liban ou l'Arménie ne sont pas géographiquement plus européens que l'Anatolie. Or, ces immigrants, en une seule génération, se sont totalement dissous dans le peuple de France. Ils n'ont pas cherché à développer un communautarisme autre que de sentiment, de nostalgie, de retrouvailles. Les primo arrivants n'ont pas incité leurs enfants à cultiver des racines étrangères et à s'éloigner, autant que faire se pouvait, de l'identité française dans toutes ses composantes. Ils n'ont pas cherché à s'organiser de façon sécessionniste. Ils étaient chrétiens et cela a suffi pour qu'ils nous adoptent pleinement et définitivement comme des compatriotes et la France comme leur nouvelle patrie. Cette qualité de chrétiens est la condition nécessaire et suffisante pour une intégration réussie. Les Turcs ne la possèdent pas.
Oui, malgré la profondeur, la gravité de la désacralisation et de la déchristianisation de la France, malgré le modernisme dans lequel s'abîme la face humaine de l'institution ecclésiale, malgré ces églises où l'assistance n'est parfois plus représentée que par quelques vieillards, malgré ces séminaires fermés, l'Europe est chrétienne et elle n'est que chrétienne. Il est vrai que l'héritage gréco-latin, dans la constitution intellectuelle, artistique, juridique et spirituelle de l'Europe, est également important. Mais n'est-il pas évident que cet héritage lui-même ne nous est parvenu que grâce au christianisme qui en a si souvent assuré la préservation aussi bien dans la chrétienté d'Orient que dans celle d'Occident. Ce sont des religieux, dans le silence de leurs monastères, qui ont assuré la sauvegarde et la transmission des écrits de ces civilisations antiques, avant qu'elles ne passent dans la culture laïque.
L'Europe est chrétienne par son patrimoine monumental et architectural, qui fait l'unité et l'identité de nos cités sous la diversité des nations et de leurs cultures. De l'Atlantique à l'Oural et de Gibraltar au Cap Nord, c'est la présence de ces magnifiques cathédrales, de ces églises, de ces modestes chapelles ou oratoires pratiquement à chaque coin de rue. C'est la présence de ces monastères jusque dans les montagnes les plus reculées, c'est l'existence de ces calvaires et ces croix dans toutes nos campagnes. Ce sont ces cimetières tout hérissés de croix. Tout ce patrimoine suffirait à faire la différence radicale, définitive avec tant de villes au monde, en particulier en Afrique et en Asie.
Depuis des siècles, quiconque a parcouru l'Europe s'est senti partout chez lui par une culture commune qu'elle soit artistique, musicale ou littéraire, profondément marquée par le christianisme et que nos ancêtres ont su amener jusqu'à un véritable point de perfection. Le christianisme, dont l'Europe a été le foyer principal pendant près de deux millénaires, a enseigné aux hommes l'esprit de charité, de compassion et ce que l'on a appelé la douceur évangélique. Il a laissé une empreinte résiduelle aux Européens même lorsqu'ils sont devenus athées. Il s'ensuit chez les peuples de toutes les nations des analogies indubitables dans les mentalités, une même ouverture d'esprit à la culture, une même attention portée à la femme dans laquelle la chevalerie a voulu retrouver l'image de Marie, le même respect à l'égard des faibles, le même souci du malade et de l'infirme, une certaine affabilité, une bonhomie marchant de pair avec un amour de la vie et de ses joies et même une certaine insouciance. Il s'agit là des traits capitaux dont l'ensemble est propre à notre civilisation. Et j'ajoute qu'il s'agit d'évidences que nul homme de bonne foi ne peut nier, quelles que soient ses convictions religieuses, ou même s'il est agnostique, ou même s'il est athée comme un morceau de charbon.
Sans nier bien des richesses d'autres cultures répandues dans le monde, je défie un homme de bonne foi de soutenir qu'on trouverait les mêmes comportements, la même ambiance, le même esprit dans les pays qui n'ont pas été animés par le christianisme. C'est-à-dire par l'amour de Dieu pour sa créature, donc aux antipodes d'un Allah infiniment distant d'un homme infiniment soumis.
Finalement, c'est à la fois le patrimoine architectural sacré et ses différences de comportement, d'environnement humain qui font en même temps l'unité de notre vieille Europe et la différence radicale de nos cités dans leur diversité avec Istanbul ou Téhéran, Djakarta ou Shanghai, Calcutta ou Dar es Salam, autant que la couleur de la peau des habitants que l'on peut y côtoyer.
Certes, m'objectera-t-on, mais cette Europe, loin de l'image idyllique que vous en tracez, vient aussi d'enfanter ces abominations qu'ont été le bolchevisme et sa réplique germanique le National-socialisme. Il est facile de répondre que ces excroissances idéologiques monstrueuses ont été des productions païennes, et même foncièrement anti-chrétiennes. Elles ne font que confirmer le caractère profondément humain du christianisme qui a si totalement marqué l'Europe.
Des millions d'immigrés musulmans sont déjà présents en Europe. L'observation objective du résultat nous pousse à nous inscrire en faux contre l'affirmation qu'il y a là une chance pour l'Europe comme on a dit "une chance pour la France". Ce flux progressif deviendrait un véritable ras de marée si l'on permettait que la Turquie devînt un des Etats membres de l'Union européenne. Cette mesure, qui n'est justifiée par aucun avantage réel pour les Européens, ferait tomber ce dernier et frêle verrou que représente l'exigence d'un visa pour pénétrer - légalement au moins - dans un pays de l'Union. Pour la France, qui est le pays le plus libéral, le plus imprudemment accueillant, pour la France offerte, pour la France couchée, ce serait la pire des mesures qui pourrait être prise. Car, à l'évidence, aucune des dispositions qui, dans notre pays, ont déjà réalisé une véritable pompe aspirante pour toute la misère du monde, ne seraient suspendues. Mais la prétention de ces Ottomans en tant qu'Européens les rendrait plus arrogants, plus revendicatifs que jamais, au grand dam des citoyens français contraints de payer toujours, parfois de s'enfuir. Accepter l'entrée de la Turquie dans l'Europe, ce serait accepter, pour la première fois sans défense aucune, l'intégration de 70 millions de mahométans, la Turquie devenant subitement l'État le plus peuplé de notre vieux continent chrétien. Ces disciples de Mahomet, jeunes et féconds, pèseraient d'un poids effrayant en face d'une démographie européenne en plein recul et en plein vieillissement.
Le formidable afflux prévisible chez nous de musulmans turcs devenus européens s'ajouterait à des millions de musulmans déjà présents dont l'intégration - pour ne pas parler de l'assimilation - est loin d'être une réussite. Notre patrie millénaire ne sera plus la terre des Français, ni la terre de la France. Car notre population tirait sa spécificité unique de la fusion des apports allogènes successifs réalisés dans la spiritualité héritée du christianisme. L'afflux turc achèvera de défigurer notre pays au sens propre du terme ; car il le fera changer de visage. Les Turcs sont ce qu'ils sont. Mais ils sont différents de nous, irréductiblement différents. Et pourquoi la France serait-elle le seul groupe ethnique au monde à ne pas avoir son "droit à la
différence", droit sur lequel V intelligentsia universelle est actuellement si sourcilleuse à l'égard des cultures du Tiers-Monde évidemment.
La religion d'Allah donne aux disciples de Mahomet un indestructible complexe de supériorité. Plus prégnante qu'aucune autre dans tous les champs de la vie individuelle et sociale, elle rendra ces nouveaux venus - et leurs descendants - étrangers à tous les éléments de notre patrimoine, indifférents à sa richesse unique, méprisants à l'égard de toutes nos coutumes et de toutes nos traditions, infiniment ingrats à l'égard d'un pays accueillant et faisant bénéficier même le dernier intrus de tout ce que nos ancêtres ont lentement édifié.
Quid de notre patrie ? Faut-il rappeler que l'Ouma, la communauté des croyants, reste la seule vraie patrie du musulman et qu'elle est évidemment transnationale. Si une réalité est bien étrangère aux musulmans, c'est celle d'une nation de tradition chrétienne. Quand certain politicien, roublard et pervers, à l'apogée de sa puissance, veut que la République aide au développement du culte musulman en France sous le prétexte vertueux de transformer "l'islam en France" en "islam de France", il ne se contente pas d'imprimer à notre pays une politique suicidaire. Il se moque tout simplement de nous, parce qu'il ignore la réalité.
Les communautés turques déjà installées chez nous démontrent surabondamment la prégnance de leur religion sur leur mentalité, sur leur comportement et sur tous les fondements de leur personnalité individuelle et collective. Elle rend compte de leur fécondité - qu'on ne saurait leur reprocher. Elle explique leur mépris à notre égard, les traitements scandaleux qu'ils infligent parfois à leurs femmes. Les châtiments prévus par la charria à rencontre des immoraux et des impies, même quand ils ne s'imposent pas avec la rigueur de jadis, ont indubitablement marqué leur personnalité et leurs comportements d'une certaine intransigeance et d'une certaine brutalité. Enfin, la religion est le lien qui les soude dans leur repli communautaire qui confine à une véritable ségrégation. Et celle-ci isole aujourd'hui une communauté dans la nation, demain un embryon d'un État dans l'État.
Il est vrai que la grande majorité des musulmans de France n'est pas islamiste. Au moins pour l'instant. Ces musulmans vivent leur religion - ou leur tradition religieuse - avec des pratiques très diverses ; mais sans engagement politique, à l'instar des chrétiens actuels eux-mêmes. Mais, dès maintenant, nous n'échappons pas à l'activisme islamiste. La plus bruyante et la plus active des associations de musulmans de France, l'Union des Organisations Islamistes de France (U.O.I.F.), n'est-elle pas une émanation des trop fameux "Frères Musulmans" égyptiens ? La tactique de ces activistes s'exerce sur plusieurs fronts : prise en main des jeunes désocialisés dans les banlieues, revendications de toutes sortes au sein de la société et en particulier de l'école, ré-islamisation des personnes de tradition musulmane - qui se seraient naturellement dissoutes au sein de la communauté nationale au fil du temps -, édification de lieux de culte et incitation parfois très pressante à pratiquer scrupuleusement, etc. Un élément essentiel de leur combat se trouve dans la tentative obstinée d'une sécession de plus en plus totale des musulmans, en particulier de la façon la plus visible possible. L'imposition du port du voile aux femmes et même aux gamines n'a pas d'autre but. J'ai dit ci-dessus que ces activistes, bien au-delà d'un communautarisme de sentiment, visaient à former un État dans l'État. Demain ce sera une population où pourra se recruter une armée dans notre État, armée dont les bandes actuelles de jeunes voyous encadrées et organisées par une discipline de fer, digne de celle imposée aux janissaires de jadis, pourront devenir le premier noyau. Nous serons alors bien partis pour le califat d'Europe... Tout l'héroïsme déployé depuis Poitiers, depuis la Reconquista, depuis Lépante et Vienne, finit ainsi misérablement par une capitulation sans combat, grâce à la complicité de nos autorités - y compris des prétendues autorités morales - et grâce à l'hébétude des citoyens de la vieille Europe.
Ce n'est pas une question d'opportunité. Ce n'est pas une question de maturité ni d'ajustement sur tel ou tel point de la constitution turque ou de son code pénal. Comme le dit Laurent Cocher (Présent , 9 octobre 2004), la Turquie n'a pas à entrer dans l'Europe, ni aujourd'hui, ni demain, ni jamais, parce qu'elle n'est pas de tradition chrétienne et que sa tradition musulmane est irréductiblement incompatible avec notre civilisation. C'est le projet le plus fou qui pouvait être conçu par cette Europe déchristianisée, avachie, rongée par la haine de soi et de ses traditions, affectée d'un désarmement moral intégral.
Beaucoup, aussi bien dans le camp des adversaires que des partisans de la pénétration de la Turquie dans l'Europe, rejettent avec une indignation vertueuse que l'on fasse intervenir la religion dans le débat. On commettrait là une infraction à l'égard de la conscience des individus
et de leurs convictions privées. Les arguments disent-ils ne doivent s'inscrire que dans le champ, d'ailleurs assez vaste, de la laïcité.
Quelle erreur pour les uns, quel mensonge et quelle hypocrisie pour les autres que de se retrancher derrière la seule laïcité ! Comment peut-on, en affirmant défendre la laïcité, être partisan de l'entrée de la Turquie dans l'Europe ; alors qu'aucun pays n'est autant marqué par une religion de feu qui est l'ennemi le plus déclaré, le plus farouche de la laïcité, qui en est consubstantiellement l'antagoniste par la confusion fondamentale entre le politique et le sacré ? Comment ces hypocrites peuvent-ils faire semblant d'ignorer que ce sont les Turcs et leur indéracinable religion qui mettront certainement le plus radicalement à mal cette misérable laïcité.
Il y a donc contradiction logique qui appelle explication. Cette contradiction est dans la position de Chirac et de ses semblables. En effet, ils proclament simultanément une laïcité non négociable et leur détermination absolue à favoriser la pénétration de ce grand pays musulman. Une telle contradiction, chez des personnes qui ne sont pas idiotes, est intéressante par ce qu'elle révèle. Ces incohérences s'éclairent si l'on voit le grand dessein sous-jacent qui motive de façon viscérale ces ennemis de la France chrétienne que sont devenus nos dirigeants.
La laïcité ne les a intéressés que comme idéologie anti-chrétienne. Ce combat-là, 70 millions de musulmans supplémentaires vont permettre de l'accélérer et de le gagner. Ces ennemis fanatiques de notre tradition chrétienne se dévoilent enfin. Ils laissent exploser leur haine et leur détermination à faire disparaître ce christianisme qui, çà et là, respire encore. La franc-maçonnerie et les révolutions française et bolchevique n'ont pas réussi totalement à éradiquer la religion constitutive de notre personnalité européenne. La révolution culturelle et l'esprit soixante-huitard non plus ; ni l'apostasie de fait des églises chrétiennes devenues si profondément modernistes ; ni le matérialisme incendiaire propagé par cette civilisation de consommation généralisée. L'invasion turque va parachever cette œuvre de mort, comme elle a éliminé depuis un millénaire les chrétiens d'Anatolie qui représentaient les communautés de fidèles parmi les plus précoces et les plus prosélytes. C'est trop peu dire que l'entreprise défigurera l'Europe en général et la France en particulier, elle imposera à ces vieilles terres de chrétienté l'insupportable barbarie de l'islam qui sera peut-être le visage concret de l'Apocalypse.
Entendons-nous bien : nous n'avons rien contre le Turc. En dépit de ce que les musulmans turcs ont fait subir aux communautés chrétiennes depuis un millénaire, nous avons la charité de souhaiter à ce peuple toutes les félicités. Chez lui et non point chez nous ! Ce peuple a souvent été combattant, conquérant, toujours prosélyte. Pendant des siècles, il a attaqué l'Europe qui a résisté héroïquement, parfois victorieusement. Résister aux Turcs, l'Europe sait faire ou du moins savait faire encore dans un passé récent.
Non, l'ennemi c'est le système. Car celui-ci, où convergent tous les pouvoirs - politique, médiatique, éducatif, économique, spirituel - a choisi la Turquie contre l'Europe. Alors, en vérité, à quoi sert de tenter de tenir le rempart, si des traîtres, des renégats, des utopistes, des imbéciles ouvrent la porte de la cité pour la livrer aux envahisseurs qui l'assiègent ? Le système, c'est l'ennemi, parce que c'est l'anti-France. C'est le Président de la république qui impose son choix infâme, en pesant de tout son poids sur sa majorité parlementaire comme sur l'ensemble des citoyens au mépris de cette démocratie dont il a toujours le credo à la bouche. Ce sont ces grands médias, tous acquis à la solution calamiteuse, qui dans leur puissance viole la liberté de conscience des citoyens. Et que dire des autorités religieuses chrétiennes qui devraient sonner le tocsin, alors qu'un évêque parmi d'autres se félicitait publiquement, il y a peu, de la cohabitation avec ces musulmans de plus en plus nombreux qu'allait permettre l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Jamais la rupture complète, totale, avec tous les éléments du système ne s'est imposée avec autant de force à tous les Français aimant la France et soucieux de son avenir.