La farce du C.P.E.

Nous venons d’assister à un spectacle d’un comique véritablement bouffon au cours duquel les principaux acteurs ont révélé leur véritable nature.

METTEUR EN SCENE :

La pièce a été mise en scène par la majorité parlementaire et, à tout seigneur tout honneur, par un Président de la République, M. CHIRAC, élu par 82% des votants, après avoir réuni la droite saumon et la gauche caviar dans la peur panique de la droite nationale.

AUTEUR :

L’auteur de cette farce populaire et sociale est un Premier Ministre, M. DE VILLEPIN, ferme dans ses convictions, droit dans ses bottes, insensible aux pressions qui, avec son bazooka de l’article 49-3, fit voter le texte du « Contrat Première Embauche » (C.P.E.) sans débat au Parlement.

ACTE PREMIER :

Quel était donc le risque que prenait l’auteur d’être battu dès lors que le groupe parlementaire qui le soutenait, l’UMP, représentait 369 élus sur les 577 composant l’Assemblée Nationale ?

Pour que le texte soit repoussé, il fallait réunir, dans une motion de censure, 289 députés.
Même sans être fin connaisseur du calcul arithmétique, cela apparaissait « mission impossible ».
Mais, M. DE VILLEPIN aurait dû se souvenir « qu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ».
Le premier acte se termine donc sur une victoire sans gloire remportée par « Monsieur 82%, J. CHIRAC », par un président de l’UMP, M. SARKOSY contrôlant 64% des députés et soutenant un premier ministre tout puissant.

ACTE DEUX :

Le deuxième acte est une véritable tartufferie.
La gauche, qui se dit « Républicaine et démocrate », n’hésite pas à violer à la fois la loi Républicaine et les règles de la démocratie.
Elle prétend que ce n’est pas la majorité des électeurs qui doit gouverner, mais que ce sont les piétons manipulés qui doivent le faire.
Elle instrumente, à cet effet, ses relais dans les syndicats et dans les associations d’étudiants.

Si l’on observe que la majorité des marcheurs était composée de fonctionnaires ou de salariés des organisations syndicales, on se demande en quoi un « C.P.E. », applicable aux salariés du privé de moins de 26 ans, pouvait les concerner.

De plus, soyons gentils, prenons la moyenne des estimations, soit 1,5 millions de piétons pour 27 millions d’actifs, cela ne fait que 5,5% et non comme cela a été affirmé, par bon nombre de Tartuffes politiques, la majorité des français.

De plus, par rapport à la population, il n’y a que 2,4% de la population qui se soit mobilisée malgré le matraquage intensif et permanent d’une presse, aussi bien écrite qu’audio-visuelle, totalement inféodée à la gauche.

Qu’ils nous prennent pour des veaux, soit, mais pas pour des analphabètes. Si le premier acte a été celui de la fausse autorité, le second acte fut celui du triomphe des imposteurs contre les faux durs, les durs en pâte à modeler.

Le Président de la République, plus habitué à fuir le combat, qu’à résister, à faire acte de repentance, jusqu’au seuil de l’histoire de France, qu’à représenter le peuple qui l’a si largement, et hélas si imprudemment, élu se coucha le premier et intima l’ordre de remplacer la loi votée par une autre qui ne l’était pas.
Ainsi s’établissait la confusion des pouvoirs conduisant, en application de l’article 16 de la déclaration de 1789, à constater la disparition de la Constitution du 4 Octobre 1958.

Il est comique de constater que c’est en violant la Constitution que le Président de la République, chargé de veiller à ce qu’elle soit respectée (Art.5), est devenu passible de la Haute Cour de Justice.

Le Premier ministre, pour sa part, a délibérément renoncé à son rôle défini par l’article 20 de la Constitution.

Ce n’est plus lui qui détermine et conduit la politique de la Nation, mais une sorte de Comité Théodule composé notamment des Présidents des groupes parlementaires de l’UMP à l’Assemblée Nationale et du Sénat.

Ici encore le viol de la Constitution est évident car celle-ci n’a jamais attribué le moindre pouvoir à l’une des composantes du Parlement au détriment de toutes les autres. Il ne faut donc pas s’étonner du résultat d’une telle consultation ayant abouti, dans la précipitation, à l’abrogation du C.P.E. et à son remplacement par de simples mesures de soutien financier au détriment des contribuables, vaches à lait, inépuisables de l’oligarchie bicéphale qui gouverne la France depuis 1945.

EPILOGUE :

Les journalistes, toujours aussi peu crédibles dans leurs conclusions résultant d’analyses orientées, faussant la réalité, ont vu deux vainqueurs de la crise.
Madame ROYAL laquelle s’était pourtant bien gardée d’intervenir. Cela veut dire que pour gagner il suffit de la fermer.

Le second vainqueur, pour les mêmes, fut paradoxalement le Président de l’UMP. Cela veut dire que celui dont les troupes avaient voté le C.P.E. et qui ont dû ensuite, toute honte bue,l’annuler ; Celui qui fut incapable de soutenir une décision de la majorité ; Celui qui dut, selon l’expression consacrée « manger son chapeau » ; C’est lui qui serait le vainqueur.

En somme, pour ces pseudo analystes politiques, la fuite, le reniement, la débâcle des idées, les votes contradictoires, conduiraient à la victoire.

Qui peut croire une telle affirmation ?

A ce stade on pourrait prétendre que la débâcle de 1940 fut une grande victoire contre les envahisseurs allemands et inversement que la reconquête du territoire national, en 1945, fut une défaite mémorable.

Les citoyens français n’en ont-ils donc pas assez d’être ainsi manipulés ? Ne voient-ils pas à quels désordres, à quels désastres, faits de larmes et de sang, nous conduisent les auteurs de telles élucubrations, qu’ils soient des élus ou des journalistes ?

Nous en avons assez de ces mensonges, de ces manipulations, de ces tripatouillages.

A la niche les imposteurs !

Pour le comité provisoire de direction
Pierre DESCAVES


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