Tartufferie – Imposture – Forfaiture

Le Président de la République, nouvellement élu, nous prend pour des demeurés, des analphabètes, des arriérés mentaux à moins que, comme son illustre prédécesseur, Charles de Gaulle, il nous prenne, lui aussi, pour des veaux.

N’a-t-il pas imaginé de nous dire qu’il avait promis de faire ratifier le traité européen par la voie parlementaire et que 53% des électeurs ont, en le portant à la Présidence de la République, ratifié cette promesse.

C’est une véritable imposture, une tartufferie éhontée car, des promesses, il en a fait tous azimuts.

Il a tout promis et à tout le monde, à tel point qu’un million des électeurs traditionnels du « Front National » ont voté pour lui.

C’est dire qu’il est faux d’affirmer que le peuple lui ait donné un quelconque accord pour qu’il puisse faire accepter par un Parlement, couché à ses pieds, un traité dépossédant le peuple de sa souveraineté.

Le viol de la Constitution du 4 Octobre 1958 est flagrant car « la souveraineté nationale appartient au peuple " (article 3) et non aux élus dont on a pu voir hélas combien ils sont pleutres et versatiles quand ils ne sont pas corrompus.

Le Parlement ne peut donc, en aucun cas, décider de l’abandon du pouvoir souverain du peuple. On peut même se demander si le peuple, lui-même est en droit de faire abandon de pouvoirs qu’il ne détient qu’à titre temporaire, et qu’il a pour mission de transmettre aux générations suivantes.

Quoi qu’il en soit, le peuple s’est prononcé, par un vote dépourvu d’ambiguïté, à 55%, contre les abandons de souveraineté contenus dans la Constitution Européenne qui lui était présentée le 29 Mai 2005.

Si Nicolas Sarkozy pense que l’opinion a changé, qu’il peut faire approuver aujourd’hui, ce que le peuple avait hier rejeté, il ne peut le faire que par la voie du référendum populaire.
Il peut s’engager résolument en faveur du OUI comme l’avait fait son prédécesseur Jacques Chirac. Il peut même, s’il le souhaite, mettre en jeu son mandat de Président de la République.

Ce que l’honneur et la morale lui interdisent de faire, c’est de mépriser la volonté du peuple qui s’est manifestée le 29 Mai 2005.

S’il devait passer outre, ce qui n’est pas exclu, tous les parlementaires participant à cette forfaiture devront, tôt ou tard, rendre des comptes au peuple.

Seule une approbation par référendum écarterait de leur tête le risque d’avoir à affronter la justice populaire.

Le 26 Novembre 2007.
Pierre Descaves


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