Monsieur le Principal,
Nous apprenons que la FNACA, association d'Anciens combattants de tendance communiste ( d'autres associations d'Anciens combattants d'Algérie existent aussi!...), doit être invitée, à la demande d'un professeur d'histoire de votre établissement, à expliquer aux élèves certains épisodes de la guerre d'Algérie : notamment cette date du 19 mars 1962, qui était sensée amener un "cessez-le-feu" dans les 15 départements français que comptait l'Algérie.
Une telle démarche, si elle se concrétisait, risque de conduire votre établissement, à "insuffler" aux élèves, enseignés par ce professeur d'Histoire, des "images orientées" de la guerre d'Algérie : en écoutant les seuls témoignages d'anciens combattants, qui sont loin de représenter une majorité significative de notre pays et dont on sait le parti pris. Vous n'êtes pas sans savoir quelles analyses contradictoires sont actuellement confrontées à propos de divers événements de cette guerre...
Croyez-vous que les autres associations d'Anciens combattants, de tendance politique différentes, pourraient apprécier l'exclusivité que vous donnez à la FNACA ?...
Pensez-vous que vos élèves, leurs parents pourraient apprécier cette exclusivité de témoignage?... Est-ce bien la façon de pratiquer la démocratie qui doit être enseignée dans l'instruction civique de ces élèves?...
Je vous donne un exemple de l'appréciation "orientée" qui est faite par la FNACA, concernant cette date du 19 mars 1962, évoquée précédemment, pour le "cessez-le-feu.
La FNACA tient à commémorer cette date anniversaire, voulant la considérer comme une fin des hostilités.
Des historiens sérieux, étayant leurs études sur des archives, notamment celles du Ministère de la Défense, des médias qui suivirent les "événements d'Algérie" ont reconnu qu'après cette date, le FLN a intensifié ses enlèvements et ses actes de barbarie sur la population civile de toutes confessions : plus de 150.000 Français-musulmans torturés et assassinés dans d'atroces souffrances après le 19 mars 1962 et durant la seule journée du 5 Juillet 1962, à Oran, près de 3.000 civils, européens innocents furent sauvagement assassinés.
Femmes,enfants, enlevés,torturés,violés, alors que le Général KATZ, sur ordre de De Gaulle, "respectant ce "cessez-le-feu'' meurtrier, cantonnait notre armée dans ses quartiers militaires, refusait d’en sortir (malgré les interventions pressantes de plusieurs ambassadeurs étrangers, qui lui décrivaient les carnages pratiqués sur la population civile) Et je d'autres enlèvements et assassinats continuèrent de se produire dans toute l'Algérie après cette date, qui représente bien des déshonneur, des hontes et de funestes malheurs pour notre communauté nationale.
Ce n’est donc pas, sans raison, que les présidents GISCARD D’ESTAING en 1980 et MITERRAND en 1981 avaient clairement refusé de célébrer officiellement le souvenir de nos morts des conflits d’Afrique du Nord à la date anniversaire des accords d’EVIAN ,qui engendrèrent tant de deuils et de déchirements pour notre pays.
LE 27 Février 1987, Monsieur Jacques CHIRAC, alors Premier Ministre, réaffirmait cette position de notre État : «...aucune des dates choisies (le 19 Mars et le 16 Octobre ) jusqu’ici par les organisations(des anciens combattants) n’ayant de caractère officiel, n’appellent aucune participation des pouvoirs publics de l’Etat...Les autorités civiles et militaires n’ont pas à assister officiellement. Aucun membre du gouvernement ne participera à ces cérémonies»
En dépit de cette unanimité de pensée et d’action de nos gouvernements successifs ,qui ont interdit la participation officielle des autorités civiles et militaires de l’État, à une quelconque cérémonie du 19 Mars, nous constatons que la FNACA poursuit son oeuvre de désinformation... même auprès des élèves et enseignants.
C'est pourquoi, en tant que citoyen et de délégué d'une communauté de Français d'Algérie, je vous demande de bien vouloir prendre en compte les éléments tragiques précédents afin éviter qu'une désinformation évidente ne soit propagée chez des jeunes Français dont vous avez la responsabilité d'enseignement dans un souci de vérité.
Comptant sur votre discernement, je vous prie de croire, Monsieur le Principal, en l'assurance de mes sentiments distingués.
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