Autant de « Droite » que de « Gauche » les raisons de rejeter cette « loi des lois » ne manquent pas, aussi, nous ne reprendrons pas l'inventaire des multiples causes qui doivent pousser chaque Français, soucieux de son avenir, à rejeter purement et simplement cette dépersonnalisation de notre pays, l'enterrement de notre culture chrétienne et par là, l'oubli de son Histoire.
Au-delà des arguments juridiques, économiques, financiers, ou sociaux qui justifient en eux ce rejet, je voudrais vous dire les raisons qui me font condamner ce projet et, vous me pardonnerez de vous parler le langage du cœur, de l'âme et de l'esprit, de l'indécrottable Français d'Algérie que je n'ai cessé d'être.
Tourner les pages de l'Histoire de France vous disais-je, voilà bien ce qui ferait l'affaire des gaullistes et de leur gourou qui traînent la honte des conditions abominables de l'abandon des départements français d'Algérie en 1962 et à qui, il reste et restera, à assumer la responsabilité des procédés inqualifiables qui ont été employés pour atteindre misérablement cette fin. Ce saut dans le vide que la majorité gaulliste veut nous faire faire avec la Constitution Européenne et qu'elle nous présente comme la voie de l'avenir, nous rappelle les affirmations de ces mêmes « gens » qui nous promettaient la protection des accords d'Evian.
Valéry GISCARD d'ESTAING, père putatif de cette constitution et Jacques CHIRAC, ces guides, soi-disant éclairés qui pensent pour nous et qui nous demandent de ratifier, pour notre bonheur, leurs grandes idées, sont, je vous le rappelle, les mêmes qui, sous le charme des chantres Bouygues et consorts, ont mis en œuvre en 1975 le rapprochement familial des « travailleurs immigrés » sans se soucier des conditions d'intégration qui devaient suivre et de leurs conséquences qui génèrent aujourd'hui le conflit latent de civilisation et de culture dans nos cités.
Les procédés employés sont aussi de la même veine. Souvenez-vous de ce référendum du 8 avril 1962 qui devait décider du sort de notre population française d'Algérie ; nous en avons été tout simplement écarté par la volonté du gourou. C'est dire que pour les besoins de la « politique » l'on peut faire n'importe quoi et dire son contraire. Alors que les décisions sont arrêtées sans nous, on voudrait nous persuader du caractère fondamental de notre caution.
On ignore superbement en hauts lieux les avis contraires. Jacques Chirac n'a prêté aucune attention aux 57% des Français qui ne voulaient pas des négociations avec la Turquie, du pipi de chat, pour ce gourou-là ; ne dit-on pas « qu'il » pourrait avancer la date du référendum pour couper court à la progression du NON ?
L'invitation de Bouteflika pour commémorer le débarquement de Provence en est une illustration. Cette nouba navale s'est faite malgré l'unanimité des protestations des associations de Français d'Algérie qui représentaient les 14% de la population européenne d'Algérie de 1943, venus au secours de la mère patrie. Ces combattants ont, par la seule volonté du prince, été escamotés de la commémoration de la libération de la France sans que personne ne s'en émeuve et surtout pas la presse. Auraient-ils fait désordre dans cette fantasia pré européenne?
Ce Référendum a le relent de tous les mauvais coups qui nous ont été portés. L'occasion est belle d'éviter à la France les malheurs que ces mêmes « gens » nous ont infligés en un autre temps resté en notre mémoire.
Que la date soit avancée ou non, NOUS DEVONS DIRE NON À LA CONSTITUTION EUROPEENNE et ce n'est pas leur loi misérabiliste du 23 février dernier qui changera quelque chose.
Pour en venir à la Constitution que l'on entend nous faire ratifier par Référendum, l'article II/7 stipule « toute personne a la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou collectivement en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites. » Ces libertés au cœur du concept laïc et républicain ont permis la cohabitation pacifique des citoyens de toute obédience.
Bousculée par la Révolution de 1789, la « Fille Aînée de l'Eglise » a su réorganiser sa structure politique et sociale au-delà des opinions de chacun et établir un modus vivendi qui depuis deux siècles a fait ses preuves.
Devons-nous mettre aujourd'hui cet acquis en péril ? Qu'en sera-t-il demain de nos lois et
de nos traditions dès lors que des « messies barbus » d'un Dieu diront tenir la seule vérité ? Qu'en sera-t-il de la Démocratie quand des foules affirmeront tenir cette vérité de marionnettistes barbus ?
La liberté de la manifestation collective des rites doit elle amener mes enfants à subir 5 fois par jour la prière publique et sonore du muezzin.
En peu de temps, nous avons pu voir la dégradation des rapports dans la cohabitation citoyenne.
L'absurdité affecte journellement notre « paix civile » ; là on a décapité le capuchon en pain d'épice de St Nicolas accusé de provocation, ailleurs on a dû supprimer l'arbre de Noël qui servait d'alibi à la distribution de friandises et de jouets aux enfants sans distinction de race ou de religion.
La constitution en question garantit : « respect et liberté des rites collectifs ou individuels en public ». Nous avons pu mesurer la manipulation fallacieuse du voile exploitée par des propagandistes qui tiraient les ficelles de ce qui est une liberté vestimentaire élémentaire qui n'aurait jamais dû faire problème.
Il serait naïf de croire que la législation intervenue en la matière a réglé le différend ; tout au plus est-il mis en sommeil ou déplacé dans les écoles, les cantines scolaires, les piscines ou quelque part ailleurs !
NON ! Nous ne voulons pas de l'expression publique collective de ces rites et de ces convictions qui sont des abus inadmissibles de la tolérance de notre culture. Qu'en sera-t-il demain de la pratique de ces rites collectifs par une population européenne à forte densité islamique ?
Aussi nous voterons NON à la Constitution européenne sauce Chirac.
Tandis qu'il s'agissait d'inscrire dans ce texte supranational nos
références historiques et par là nos valeurs chrétiennes, non pas en tant que religieuses mais culturelles, Jacques Chirac, en cela seul contre tous, s'y opposa. On se souvient de son commentaire cabotin « oui mon père » après le discours du président espagnol.
Ceci en dit long sur la vision de l'avenir que l'on nous promet et plus encore quand on sait la clairvoyance qui a été la sienne lors de la dissolution de l'Assemblée Nationale majoritaire le 21 avril 1997 ou du rapprochement familial de 1975.
Qu'il nous soit permis de douter sérieusement de l'intérêt de la Constitution Européenne.
Le débat sur l'ouverture des négociations avec la Turquie pour son entrée dans L'Union Européenne a escamoté la dominante islamique de ce pays. On nous abuse quand on nous dit que nous en reparlerons le moment venu, dans dix ou quinze ans, et que nous nous prononcerons alors par Référendum. Fadaises, foutaises. Personne ne peut s'engager à cela dans 15 ans.
Même si les médias sont trop souvent complices de ce stratagème, nous avons bien entendu l'argumentaire de la Turquie pour l'ouverture des négociations : « vous nous avez demandé des efforts que nous avons accomplis, vous ne pouvez plus nous refuser l'ouverture de la procédure d'admission ».
C'est dire que l'on nous prend pour des billes, nous serons mis devant le fait accompli parce que Jacques Chirac l'aura décidé pour nous en 2004 et 2005.
Quant à ce référendum que l'on nous présente en garantie, pourquoi ne serait-il pas pipé comme la duperie du référendum du 8 avril 1962 qui nous était aussi présenté comme la protection de nos droits démocratiques. Nous sommes bien placés pour savoir que nous en avons été écartés d'un trait de plume sans que cela n'émeuve ni le gouvernement, ni le parlement et pas plus les « veaux » du Général-président. Pour ce qui est des médias... Faut-il se souvenir de leur « émotion » sélective ?
Nous voilà prévenus qu'aux mêmes maux, les mêmes remèdes sont appelés à être mis en œuvre par les mêmes gens.
Si Jacques Chirac a choisi seul de rejeter les références de notre civilisation occidentale de la Constitution Européenne, c'est son affaire ; mais s'il a choisi d'ignorer les 57% de Français qui y sont opposés, qu'il en récolte les conséquences.
Qu'il aille voter ce texte supranational mais sans Nous.